Rassemblement communautaire de femmes lors d'une rencontre de plaidoyer de J-GEN Sénégal
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Âge du mariage, autorité parentale, refus de paternité, domicile conjugal : quatre dispositions du Code de la famille en question

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Les acteurs communautaires du programme KIIRAY ont identifié quatre dispositions du Code de la famille sénégalais dont ils demandent la révision. Ces quatre points recoupent le plaidoyer porté par le programme Naatal Jaboot Gui.

Adopté en 1972, le Code de la famille sénégalais régit depuis plus de cinquante ans la vie familiale et les rapports entre hommes, femmes et enfants. Le plaidoyer pour sa révision est ancien. Ce qui est plus récent, c'est la précision avec laquelle les acteurs de terrain désignent aujourd'hui les dispositions à modifier.

Au terme du deuxième trimestre 2026, les recommandations issues du programme KIIRAY — porté par des collectivités territoriales, des Bajenu Gox et des acteurs communautaires — nomment quatre points précis.

L'âge légal du mariage des filles

Le premier point porte sur l'âge légal du mariage pour les filles, et sur la demande de l'établir à égalité avec celui des garçons.

Ce n'est pas une question symbolique. Les cercles de sororité organisés à Yoff par le projet JVSSR ont identifié les mariages précoces et forcés comme l'un des premiers défis auxquels les jeunes filles disent être confrontées, aux côtés des abandons scolaires — les deux étant étroitement liés.

L'autorité parentale

Le deuxième point concerne l'autorité parentale et sa répartition entre les parents.

Les conséquences pratiques de cette répartition se mesurent dans des situations très concrètes : inscrire un enfant à l'école, autoriser un acte médical, entreprendre une démarche administrative. Une mère qui ne détient pas l'autorité sur ces décisions dépend, pour la vie quotidienne de son enfant, d'un accord qu'elle n'est pas toujours en position d'obtenir.

Le refus de paternité

Le troisième point porte sur le refus de paternité.

Il touche directement la situation des jeunes femmes mères célibataires — précisément le public auquel s'adresse le projet LIGGEEYAL ËLËG, qui vise l'autonomisation de jeunes filles non scolarisées et de mères célibataires de 16 à 35 ans. La reconnaissance de la filiation détermine l'accès de l'enfant à des droits, et la charge, économique et sociale, qui pèse sur sa mère.

Le choix du domicile conjugal

Le quatrième point concerne le choix du domicile conjugal, généralement attribué à l'époux.

C'est peut-être celui dont l'effet est le plus direct sur les situations de violence. Décider du lieu de vie du couple, c'est décider de la proximité ou de l'éloignement d'une femme par rapport à sa famille d'origine, à son emploi et à son réseau de soutien. Or l'isolement est l'un des facteurs qui rendent une violence conjugale durable.

Pourquoi cette liste vient du terrain

L'origine de ces quatre recommandations mérite d'être soulignée. Elles ne proviennent pas d'un travail juridique mené en chambre, mais du bilan d'un programme dont les actrices — Bajenu Gox, élues locales, acteurs communautaires — sont au contact quotidien des situations.

Autrement dit : ce sont des personnes qui accompagnent des femmes dans leurs démarches concrètes qui identifient, dans le droit, les points de blocage récurrents. Le même bilan formule d'ailleurs une seconde recommandation, sur l'amélioration des conditions de travail de ces actrices communautaires.

Le lien avec les Assises nationales citoyennes

Ces quatre points recoupent l'objet du programme Naatal Jaboot Gui, financé par l'African Women's Development Fund, qui vise à promouvoir un engagement parlementaire en faveur de la révision des dispositions discriminatoires du Code de la famille.

C'est également l'un des huit thèmes retenus pour les Assises nationales citoyennes sur les droits des femmes et des filles, annoncées du 25 au 27 novembre 2026 : les réformes juridiques y figurent aux côtés de l'accès aux ressources, de l'autonomisation économique, de la santé, du leadership, des violences basées sur le genre, de la famille et de la justice climatique.

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