Journée internationale des droits des femmes 2026
Le 7 mars 2026 à Guédiawaye, J-GEN Sénégal a réuni 2 091 participantes et participants sous le thème « Droits, justice, action pour toutes les femmes et les filles ». La cérémonie s'est close par la lecture d'un mémorandum réclamant la reconnaissance juridique du féminicide.
JOURNEE INTERNATIONALE DES DROITS DES FEMMES, 08 MARS, EDITION 2026
MOBILISATION NATIONALE DES FEMMES ET DES COMMUNAUTES AUTOUR DU THEME 2026 « Droits, Justice et Actions pour toutes les femmes et les filles»
LES VIOLENCES SYSTÉMIQUES ENTRAVENT ENCORE LA PLEINE CITOYENNETÉ DES FEMMES ET DES FILLES
Les violences basées sur le genre (VBG), et en particulier les violences sexuelles et sexistes à l’égard des femmes et des filles, exercées dans les cadres conjugal et/ou familial, constituent aujourd’hui l’un des défis majeurs de justice sociale, de cohésion nationale et de respect des droits humains au Sénégal. Les données officielles disponibles (Rapport ANSD 2023 VFFS), notamment celles issues des enquêtes nationales, confirment l’ampleur et le caractère systémique de ces violences, qui touchent de manière disproportionnée les femmes et les filles et entravent leur pleine citoyenneté.
Ces violences s’inscrivent dans un continuum de discriminations sociales, culturelles, économiques et juridiques, dont l’expression la plus extrême est le féminicide. La persistance de ces réalités met en évidence les limites d’une lecture strictement privée ou domestique des violences, alors même qu’elles relèvent de responsabilités publiques, politiques et institutionnelles.
LES ENGAGEMENTS POLITIQUES ACTUELS NE SUFFISENT PAS
Face à cette situation, l’État du Sénégal, au fil des années, a pris des engagements politiques et juridiques clairs en matière de protection et de promotion des droits des femmes à travers l’adoption de politiques publiques de lutte contre les VBG, la ratification d’instruments juridiques internationaux et la mise en place de mécanismes de prévention, de protection et de prise en charge des survivantes de violences sexuelles et/ou sexistes (CEDEF, Programme de Beijing, etc.). Ces engagements traduisent une reconnaissance institutionnelle du caractère prioritaire de la lutte contre les violences faites aux femmes et de la promotion de l’égalité des sexes.
Toutefois, malgré ces cadres et orientations, les violences contre les femmes et les filles persistent, révélant un écart entre les engagements politiques, leur appropriation sociale et leur application effective. Il est urgent d’interpeller les pouvoirs publics sur les limites structurelles des cadres juridiques actuels et sur l’urgence d’une réponse politique plus protectrice et plus équitable.
C’est précisément dans cette optique que l’action de la société civile joue un rôle stratégique, celui d’appuyer l’État dans la traduction concrète de ses politiques publiques, à renforcer leur appropriation par les populations et à contribuer à leur amélioration à partir des réalités vécues.
L’URGENCE DE GARANTIR L’EFFECTIVITÉ DES DROITS DES FEMMES ET DES FILLES
La lutte contre les VBG devrait être au cœur des actions politiques et sociales.
JGEN Sénégal, en tant qu’organisation féministe engagée dans la lutte contre toutes les formes de violences faites aux femmes et aux filles, entend renforcer le plaidoyer de la société civile pour des lois et des pratiques sociales plus justes envers les femmes et les filles.
JGEN tient notamment à réaffirmer son soutien au plaidoyer national collectif Luy Jot Jot Na, porté par des organisations féministes et de défense des droits humains et appelant à la réforme du Code de la famille et à la reconnaissance du féminicide.
JGEN appelle de plus, de toute urgence, à des réformes juridiques, institutionnelles et sociales garantissant l’effectivité des droits des femmes et des filles, notamment par le biais de :
· une meilleure prévention des violences faites aux femmes et aux filles;
· une réponse publique plus juste et plus efficace, incluant un accès équitable à la justice;
· sanctions concrètes en lien avec les violences sexuelles et sexistes, pour en finir avec l’impunité.
Ce que la journée du 7 mars 2026 a produit
La célébration s'est tenue le 7 mars 2026 à Guédiawaye. Elle a réuni 2 091 participantes et participants, pour une cible initiale de 2 000, parmi lesquels des autorités locales, des leaders communautaires et des organisations de la société civile.
Les discours ont rappelé l'importance historique et symbolique de cette journée, en référence notamment aux femmes de Nder. Les intervenantes et intervenants ont insisté sur les défis persistants : les violences basées sur le genre, les féminicides, les discriminations et le manque d'autonomisation économique des femmes.
Les autorités locales, les représentants communautaires et les partenaires ont plaidé pour une meilleure protection juridique et sociale des femmes. Les prises de parole ont également souligné le rôle de l'éducation, de la participation politique et de l'engagement des jeunes filles dans le développement du Sénégal.
Une prestation artistique du groupe « L'Espoir de la Banlieue » a porté auprès du public des messages de sensibilisation sur les violences faites aux femmes. La Directrice exécutive de J-GEN Sénégal a appelé à des réformes courageuses pour renforcer les droits des femmes et lutter contre les inégalités persistantes.
La cérémonie s'est close par la lecture d'un mémorandum réaffirmant les revendications des organisations de défense des droits des femmes, en particulier la reconnaissance juridique du féminicide et le renforcement des mécanismes de protection et d'accès à la justice.
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KIIRAY
